SIXIEME SESSION

J'ai eu le plaisir de voir le téléfilm "la vie à une", qui était génial par ailleurs, et j'aurais aimé savoir comment s'était déroulée la scène ou Elisa doit malgré elle gagner une course en accrobranche, avez vous joué la scène en entier ? Aimez vous ce genre de sport ?

Oui, j'aime beaucoup tout ce qui me procure des petites montées d'adrénaline, surtout lorsqu'il s'agit de crapahuter dans les arbres, le jour où nous avons tourné cette scène, lorsque je suis arrivée sur le plateau, tout le monde était très calme, très gentil, un peu comme lorsqu'il y a une scène d'amour et que chacun sait que c'est un mauvais moment à passer pour les acteurs (enfin, en général !!!), je n'ai pas vraiment compris ce recueillement et ce n'est qu'en discutant avec Fred le réalisateur, que j'ai découvert qu'en fait il était assez inquiet à l'idée que je ne pourrais pas faire tous les ateliers prévus au script, j'ai levé le nez vers la cîme des arbres et j'ai fait ce que je fais dans ces cas là, je suis entrée dans un état second genre "superwoman", "t"inquiète mon fredo, tu vas voir..." il y a un phénomène assez étrange qui se produit quand je dois effectuer des petits défis comme ça, je ne pense plus à mon appréhension, je me concentre sur une seule chose : épater mon metteur en scène, qu'il se dise :"ouah, cette fille est folle, mais pour le coup ça m'arrange.!!" nous avons enchaîné les séquences, les autres acteurs, les garçons, n'ont pas osé se montrer trop réticents lorsqu'ils m'ont vu grimper, certains m'ont confié avoir le vertige, mais ils ne voulaient pas être les premiers à trembler, alors finalement tout s'est super bien passé, l'équipe de l'accrobranches était top, des garçons adorables un peu hippies, très rassurants et avec qui nous avons pu partager quelques utopies d'un monde meilleur où nous pourrions tous vivre dans les arbres. C'est un merveilleux souvenir, d'autant que c'était le dernier jour de tournage (les assurances auraient-elles pensé au pire ???!!! ), j'ai très envie de recommencer.

Claire, à l'école quelle était pour toi la (ou les) matière que tu aimais le moins ?

En fait ça dépendait des années... et des profs ! Je me souviens m'être soudainement passionnée pour la biologie en 4ème car je trouvait le monsieur qui enseignait cette matière très très beau et mystérieux. Sinon, je n'ai jamais été très copine avec les maths, ni avec l'économie en seconde, mais vraiment je crois que ça repose beaucoup sur le prof, il y a des gens qui savent trouver les mots pour garder l'attention et l'intérêt des élèves.

Si un jour Natasha St Pier te proposais de faire un duo avec elle, accepterais-tu ?

Biensûr !, même si ce n'est pas forcément la musique que j'écoute, par exemple, quand Marc m'a proposé le duo je n'étais pas non plus une fan de la première heure, je le suis devenue ! J'aime beaucoup rencontrer d'autres univers musicaux et m'y lover, avec Natasha pourquoi pas, ce serait un honneur , et un plaisir j'en suis persuadée.

Te reconnais tu dans l'image que les medias donnent de toi (que ce soit à la TV ou dans les magazines) ?
Penses-tu qu'avec les années leur vision à changé ?


Je dirais plutôt non, en tout cas certainement pas dans les magazines ou la plupart du temps je trouve des phrases que je n'ai pas prononçées, à la tv c'est déjà plus "moi", à part le maquillage et la coiffure qui m'avantagent bien sûr, pour la presse écrite je commence à ne plus me laisser faire et désormais je demande un droit de regard sur l'interview quand il s'agit de récidivistes ,certains m'ont presque toujours fait dire des choses incongrues, je me méfie aussi d'un hebdo qui titrait il y a 2 ans "claire keim : confession amoureuse" alors que je n'évoquais en rien ma vie sentimentale dans l'article, il faut être prudent, je ne sais pas qu'elle est mon image, je me vois tantôt présentée comme une fille simple, sympathique, tantôt comme une bimbo écervelée, c'est le jeu, c'est un peu douloureux parfois, je deviens un peu parano avec les journalistes et je suis beaucoup moins spontanée qu'avant, car une petite phrase anodine peut vite se retrouver en titre, j'en ai fait l'amère expérience...
Ma vie privée a bien sûr changé un peu la donne, quand on vit avec une personnalité qui véhicule une image forte on est forcément plus observé, le fait qu'il est changé de vie a aussi posé sur moi un regard inquisiteur même si je n'étais en rien responsable de ce changement, j'en ai souffert un peu, mais malheureusement je n'y peux rien, et je ne veux pas rentrer dans l'engrenage des interviews aux médias, à qui je ne dois aucune explication, ce serait du pain béni pour eux. Moi je sais qui je suis, ce que je fais, j'essaie de ne rien faire qui choque ma propre conscience, pour le reste, je crois comme je l'ai déjà dit qu'on en apprend toujours plus sur la personne qui pose les questions que sur celle qui y répond !

Comment réagis tu quand tu te vois toi-même sur les écrans ?

La plupart du temps je me désespère, le seul film dans lequel je me trouve pas trop mal c'est "le Roman de Lulu", mais je crois que l'histoire est si forte qu'elle me permet de passer au dessus de mes préjugés sur moi-même, sinon c'est un calvaire et j'évite de me regarder, bon ce soir mes parents sont là, donc je crois que je ne vais pas pouvoir y échapper...mais il y aura sans doute un peu de vaisselle à faire, donc...

Claire quel est ton dessin animé préféré ?

Le premier souvenir vraiment marquant c'est "Bernard et Bianca", ensuite viennent "Rox et Rouky" et enfin, "Les mystérieuses cités d'or" que je regardais chez ma grand-mère en rentrant de l'école. Mais j'ai une tendresse particulière pour les vieux Disney que nous projetait un ami de ma mère au club de plongée ou elle s'entraînait le vendredi soir, on y découvrait des petits films noir et blanc qui m'émerveillaient. 

Quel est la qualité que tu apprécies le plus et le défaut que tu détestes chez les autres ?

J'aime que les gens soient curieux, c'est à dire qu'ils s'intéressent à ce qui les entourent et que si possible ils s'émerveillent souvent, c'est pour moi le gage de personnes qui ont su rester connectés avec leur âmes d'enfants.
Je déteste le cynisme , souvent des gens qui sont défaitistes, négatifs et qui sourient d'avance d'assister à des drames sans chercher à les éviter. La plupart du temps ces personnes cumulent avec un sentiment de supériorité et un côté donneur de leçon qui m'exaspère.

Claire, lorsque tu étais à l'école primaire, étais tu du genre attentive ou dissipée. Et pendant les récréations, plutôt solitaire ou le centre de toutes les attractions ?

Je crois que j'étais plutôt du genre dissipée, mais de ces enfants qu'on qualifie de "vivants" ! Je participais comme on dit, mais je bavardais aussi beaucoup et j'étais souvent punie, je me souviens aussi que nous organisions d'énormes ribambelles d'enfants dans la cour en criant des "qui-veut-jouer-à-la-balle-au-pri-so-nnier-aaaa-vec-noooooooooooouuuuuus".... et souvent, le temps de rameuter tout les participants, la cloche sonnait, et nous devions regagner la classe... J'étais une enfant normale, mes genoux toujours plein de bobos car j'aimais plus que tout jouer au billes et pour ça il ne fallait pas avoir peur de finir couché sur le béton  pour sauver un gros calo coinçé entre deux racines de marronnier. Je me disputais souvent avec la même fille, elle était beaucoup plus grande que moi et c'était la fille de la maîtresse de l'autre cm2, du coup, j'étais souvent au coin dans le préau pendant la récré, c'est peut-être de là qu'est née ma haine de l'injustice. Je n'étais pas encore très coquette, du coup, les garçons aimaient bien m'inviter à leur anniv's avec ma copine Alice pour pouvoir nous enfermer dans des "prisons" genre abri de jardin ou placard, le but étant de faire des équipes de gardiens et d'autres de libérateurs. On soudoyait les gardiens et on allait attaquer les réserves de bonbons dans la cuisine pendant que tout le monde nous cherchait... la solitude est venue plus tard dans ma vie, lorsque j'ai quitté mes parents à 16 ans et que je me suis retrouvée dans ma petite chambre de bonne à Paris, à l'époque, pas de portable, à peine les débuts du bee bop ( mais si rappelez vous ,cet ancêtre du mobile qui ne fonctionnait qu'en restant collé à une borne...!) là j'ai commencé à sentir vraiment ce qu'était " vivre seule". Mais dans mes jeunes années, j'ai toujours adoré la compagnie des autres, et j'ai de bons souvenirs du primaire.

 

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